Commune GOLFE7 un Maire ou un COWBOY?

par admin

Il est vrai que la tâche dévolue aux conseillers municipaux, n’est pas facile. Surtout ceux des grandes villes ont du pain sur la planche, eut égard aux multiples problèmes auxquels ils font face. C’est le cas du maire Djikounou Koffi de Golfe7, confronté à un épineux problème de chèvres et de moutons. Par la force des choses, l’homme est devenu cowboy, courant derrière les bêtes en divagation pour les attraper.

L’histoire a commencé avec un certain monsieur Kossi Améhouga dont la mairie a capturé trois chèvres, dans le cadre d’une initiative dénommée Opération Focon. Quand celui-ci est parti réclamer, on lui a fait savoir qu’il doit payer 10.000F par bête. N’ayant pas la somme exigée, il a essayé de demander pardon, en vain. Sa proposition de se faire restituer un des animaux pour aller le vendre et revenir payer l’amende des deux autres a également été refusée. Finalement, ses chèvres et son bouc ont été vendus aux enchères par la mairie.

Très amer, monsieur Améhouga jure d’aller au Ghana mettre dans le vodou, tous ceux qui ont contribué à son malheur; on raconte qu’un des vendeurs des bêtes serait un enfant d’Eyadema. Peu importe! Puisque ni le chef canton d’Aflao Sagbado Togbui Dogbe Alley qu’il est parti voir, ni personne ne peut gérer son cas, les vodous s’en chargeront. Que dire de cette affaire et quelle leçon en tirer ? Il est vrai que la divagation des animaux pose de sérieux problèmes de sécurité, de santé et de bien-être dans nos villes qui sont condamnées à aller vers la modernité.

Cependant, les décisions de nos maires doivent être bien mûries avant d’être exécutées. Dans ce cas d’espèce, il se pourrait par exemple que les bêtes du sieur Améhouga soient des géniteurs et génitrices péniblement sélectionnées ou en cours de sélection pour améliorer la race. Le fait de les avoir vendues constituerait une perte énorme et un dommage irréparable, non seulement pour monsieur Améhouga, mais aussi pour l’élevage en général dans notre pays, sauf si on croit faussement que les travaux pour améliorer les races ne peuvent se faire qu’à l’université ou dans les centres de recherche.

La plupart des races d’animaux et de plantes les plus productifs qui font aujourd’hui le succès de l’agriculture européenne ont été créées par les paysans. Imaginez si les maires les avaient attrapées et vendues! Le maire Djikounou nous rétorquera sûrement qu’avant de passer à la vente aux enchères, il a écrit un communiqué. C’est vrai, mais est-ce qu’il s’est-il demandé combien de ses concitoyens ont pu lire sa note circulaire et trouver à temps les amendes demandées pour retirer leurs biens ? Dix mille francs actuellement au Togo, ce n’est pas rien.

Moderniser la commune, oui ! Mais la vente des animaux aux enchères devrait être la dernière chose, après que toutes les autres mesures de pédagogie et de négociation auront été complètement épuisées. Ne décourageons pas nos paysans en détruisant leurs activités.

N’djo

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