COMMENT S’EXPLIQUE LE RETOUR INATTENDU DE PASCAL BODJONA AUX CÔTÉS DE FAURE GNASSINGBÉ ?

par admin

Pascal Akoussoulèlou Bodjona n’est ni novice, ni ouvrier de la dernière heure, puisqu’il a été présent dès l’accession de Faure Gnassingbé au pouvoir, et même bien avant, il était avec le père, Eyadèma Gnassingbé, dont il fut l’ambassadeur aux USA.
Ministre de l’Administration territoriale, le sort l’a amené à une traversée du désert qui a duré 12 longues années, avec à la clé, l’emprisonnement.
Mais pourquoi le chef de l’Etat a-t-il brusquement décidé de remettre en selle cet ancien collaborateur ?

Pour comprendre, il faut d’abord savoir pourquoi l’homme avait été écarté du sérail. Il semble que la réponse se trouve dans le syndrome qui sévit souvent dans certains milieux du parti UNIR, c’est-à-dire la médisance, le sabotage, les coups bas et les coups montés de toutes pièces. L’ex ministre a été, selon toute vraisemblance, victime de ceux qui ont l’art de “pousser les gens à l’erreur” pour les effacer. Une histoire sans tête ni queue de montre-bracelet Rolex a eu raison de Pascal Bodjona sur qui on a pris soin de propager qu’il voulait devenir Khalif à la place du Khalif, Faure à la place de Faure.

Pour comprendre pourquoi l’homme revient sur la scène, il faut également connaître ses compétences. Pascal Bodjona est un fin connaisseur de l’être humain. Pendant les années difficiles où Faure Gnassingbé affermissait son pouvoir, le ministre a été en première ligne au front, présent dans les débats et les négociations les plus coriaces avec l’opposition. Toutes ces choses ont fini par déboucher sur l’important accord RPT/UFC qui a mis fin à un conflit devenu trop gênant pour l’exercice du pouvoir.
Bodjona a souvent été provocateur, un brin insolent mais jamais vulgaire ou méchant, si bien que plusieurs leaders de l’opposition n’ont pas hésité à exprimer ouvertement leur regret quant à son départ.

Disons enfin que pour comprendre pourquoi Bodjona Pascal est repris dans les bonnes grâces du Président, il faut voir et analyser la situation politique régionale: voilà un Faure Gnassingbé qui réussit merveilleusement à marquer de bons points dans la crise au Sahel. Que ce soit le Mali, le Niger ou le Burkina, ces pays ne jurent que par le nom du président togolais pour son rôle Ô combien salutaire! Mais il y a un mais: on reproche au Président d’apporter la détente aux autres mais ne fait rien pour améliorer l’air de moins en moins respirable qui se propage chez lui au Togo, avec des prisonniers politiques par-ci, la raréfaction des libertés par là. Cette situation embarrasse, non seulement le régime, mais aussi ses amis du Sahel qui ont de la peine à expliquer comment eux, panafricanistes si épris de liberté pour les Africains, peuvent fricoter avec un collègue chez qui un système liberticide est en train de s’instaurer.
Étant pris dans cet étau, Faure a trouvé la solution : faire sortir Bodjona de l’isolement pour revenir travailler pour lui qui a maintenant besoin de faire tomber la tension dans sa politique domestique, sans risquer de faire tomber le régime.
La nomination de l’ex ministre en tant que conseiller spécial du chef de l’Etat pour les Affaires politiques fut faite depuis le 29 décembre 2023, mais elle n’a été mise sur la place publique que ce 10 janvier, 24 heures après la publication du décès de Monseigneur Kpodzro. Pourquoi cela ?
Le décès de l’archevêque a commencé à susciter beaucoup de commentaires, d’émoi et de complaintes qui risquent d’assombrir encore plus le ciel. Alors, quoi de plus normal que Faure joue à fond la carte Bodjona en ce moment, comme on joue un as pour gagner une partie de jeu de cartes qui devient dure. Le Ministre grand format est sans doute de retour pour régler la pendule de la politique intérieure.

La rédaction

Related Posts